I comme INCROYABLE PARCOURS D’UN ACTE DE DECES

Jean Laurent MAUBE, né en 1843, à Cabanac, Haute-Garonne, partira pour Cuba. Marchand de bijoux, il  y décédera le dimanche 17 juin 1877, à l’âge de 31 ans, à La Havane. Est-ce au cours du vol de bijoux dont il a été victime ou a-t-il été attaqué pour une toute autre raison ?
Son homicide est mentionné dans l’acte retranscrit  par le Consulat de France à La Havane, puis traduit à Saint Gaudens le 10/10/1885.

Où il est question de traducteur, de piastres, de bijoux et de consul….

le Président du Tribunal de Première Instance, séant à Saint-Gaudens, arrondissement de Saint-Gaudens, département de Haute Garonne.
Fait à Saint-Gaudens, le 25 décembre mil huit cent vingt cinq.
Transcrit selon la loi le dix janvier.

Nous soussigné, Marcellin Sanarens traducteur juré de la langue espagnole près le Tribunal civil de St Gaudens-Haute-Garonne, certifions qu’il nous a été présenté un acte de décès dont la teneur suit.

La feuille sur laquelle est inscrite cet acte porte en tête le numéro neuf cent trente mille dix sept et un timbre qui dit Timbre, onzième années mil huit cent quatre vingt quatre et quatre vingt cinq, trente sept centièmes et demi de piastres.

L’acte est ainsi conçu. Je soussigné, Albert CHAO, prêtre, curé économe de cette église paroissiale de la Très Sure Conception du village du Quemado-de-Guines province de Sainte Claire, diocèse de la Havane certifie qu’au registre troisième du décès de blancs folio cent cinquante six, se trouve l’acte qui dit ainsi. A l’église paroissiale du Quemado-de-Guines le dix sept juin mil huit cent soixante dix sept, il a été reçu une dépêche de Mr le Capitaine Juge prétané de Rancho-Veloz, m’informant qu’il avait informé de donner sépulture dans le cimetière Del Ingenio Ste Rita de cette paroisse au corps de l’adulte Jean Laurent Maubé natif de France, âgé de trente un ans, célibataire, domicilié à la Havane, marchand de bijoux dont la mort a été la conséquence d’un homicide. Il n’a point reçu les saints sacrements la violence de sa mort ne l’ayant pas permis et j’ai signé Jérome l’Eguilar.

C’est conforme à son original auquel j’en réfère, et en foi de ce je donne le présent au Quemado-de-Guines le trente juin mil huit cent quatre vingt cinq. Albert Chao, signe. Et apposé le seau de l’Eglise paroissiale du Quemado-de-Guines. Droits avec papier, une piastre quarante centièmes.

Je soussigné, Juan Francisco Donamaria Lesago, secrétaire de Chambre et de Gouvernement de cet évêché, certifie que le prêtre, Mr Albert Chao par qui est inscrit l’acte qui précède est comme il s’y qualifie et que la signature et le paraphe apposés au bas du même acte sont à ce qu’il parait de sa main et de son écriture pareils à ceux qu’il emploi dans tous ses écrits La Havane, le cinq aout mil huit cent quatre vingt cinq Juan Francisco Donamaria Lesago signe et appose le sceau du Secrétariat de l’évêché de la Havane.

On lit à la suite en langue française : Vu pour légalisation de la signature ci-dessus apposée, Secrétaire de l’évêché de cette ville la Havane
Le cinq aout mil huit cent quatre vingt cinq.
Le Consul Général Eruno Crampan signe et apposé le sceau du Consulat Général de France à la Havane Quittance numéro quatre cent vingt cinq, daté cinq aout mil huit cent quatre vingt cinq. Tarif art.5. Perçu trois francs. G.Mul signé.
Pour traduction certifiée conforme à l’original, que nous avons signé, scellé et paraphé
St Gaudens le dix octobre mil huit cent quatre vingt cinq.
Vu pour légalisation de la signature Sanarens traducteur Juré de la langue espagnole ci-dessus apposée.
St Gaudens, quinze août mil huit cent quatre vingt cinq.
Pour le Président empêché. Signature illisible,
Le Ministre des affaires étrangères certifie véritable la signature de Mr Crampon.
Paris, le deux décembre mil huit cent quatre vingt cinq.
Pour le Ministre, le Chef du bureau délégué
Signature illisible.
Le Maire Houstale (signature)

On peut aisément imaginer que Cuba et plus encore le port de LA HAVANE, où l’esclavage ne fut supprimé qu’en 1886 -même si la traite était officiellement abolie- était un endroit agité. Plus de 360 000 esclaves furent débarqués entre 1820 et 1860 au port de LA HAVANE, qui comptait au début du siècle 40 000 Blancs et 30 000 esclaves. Sans compter les luttes pour l’indépendance et la guerre des 10 ans qui débuta en 1868.  (Sources : wikipedia)

Que de formalités !

Que de formalités pour qu’un acte de décès à CUBA soit inscrit dans le registre de l’Etat Civil de la commune d’origine en Haute Garonne, CABANAC :

  1. Cuba, La havane le 17 juin 1877,
    réception de l’ordre de donner sépulture à Jean Laurent Maubé  par Mr le Capitaine Juge de Rancho-Veloz,
  2. Cuba, le 30 juin 1885 Albert CHAO, prêtre église paroissiale de la Très Sure Conception du village du Quemado-de-Guines province de Sainte Claire, certifie avoir enterré Jean Laurent Maubé le 17 juin 1877 dans le cimetière Del Ingenio Ste Rita suite aux ordres reçus registre 3ème des décès folio 156 année 1877. Sceau de l’Eglise paroissiale.
    Taxes.
  3. Cuba, La Havane le 5 aout 1885
    Juan Francisco Donamaria Lesago, secrétaire de Chambre et de Gouvernement de  la Havane certifie reconnaitre l’écriture du prêtre. Il signe et appose le sceau du Secrétariat de l’évêché de la Havane.
    Droits avec papier, une piastre quarante centièmes.
  4. Cuba, La Havane Année 1884 et 1885
    pour enregistrement de l’acte original en espagnol.
    Trente sept centièmes et demi de piastres
  5. A la même date,
    Le Consul Général Crampon signe et appose le sceau du Consulat Général de France à la Havane pour validation en langue française. Quittance 485.
    Perçu trois francs
  6. France, St Gaudens le 10 octobre 1885
    Légalisation de la signature du traducteur Marcellin Sanarens certifie conforme à l’original, signe, scelle et paraphe.
  7. France, Paris, le 2 décembre 1885.
    Le Ministre des affaires étrangères certifie véritable la signature de Mr Crampon.
    Pour le Ministre empêché, le Chef du bureau délégué appose sa signature.Signature illisible.
  8. France, Saint-Gaudens, le 25 décembre 1885.
    Inscription de l’acte dans les registres par le Président du Tribunal de Première Instance, séant à Saint-Gaudens, arrondissement de Saint-Gaudens, département de Haute Garonne.
  9. Commune de Cabanac-Cazaux le 10 janvier 1886
    Transcrit selon la loi. Le Maire Houstale (signature)

9 années auront été nécessaires pour que l’acte soit inscrit dans les registres de la commune d’origine. Et aujourd’hui, savez-vous combien de temps cela prendrait-il ?

 

Un commentaire sur “I comme INCROYABLE PARCOURS D’UN ACTE DE DECES”

  1. [...] Incroyable parcours d'un acte de décès Idées reçues Infatigable marcheur Hier, nous avons évoqué Jean Plancard, soldat de l'An I engagé à la 4 1/2 Brigade d'Infanterie de Ligne. La bataille du Pont d'Arcole, de Rivoli et de Castiglione. Mais derrière l'image des charges de cavalerie sentant la poudre et la gloire, se cache la piétaille. Jean Plancard était fusilier dans cette 1/2 Brigade surnommée "L'Impétueuse". Juste après son engagement le 4 août 1792, le voilà parti pour les guerres du Roussillon en 1793, puis il passe (An II – An III) à l'armée d'Italie, puis à l'Armée d'Angleterre (An VI – An VII), celle qui etait chargé d'envahir Albion et qui, au passage s'occupa des poches de résistances en Vendée. Inventaire après décès de Paul Trtotereau Au tout début de ma généalogie, en 1994, j'ai eu l'idée de demander au notaire de Mennetou sur Cher (Loir et Cher) s'il n'avait pas en sa possession un inventaire après décès concernant mon ancêtre et AAGP, Paul Jean-Baptiste Silvain TROTEREAU. Il me semble avoir eu connaissance de l'existence de cet inventaire dans l'acte notarié relatif à un terrain de mon grand-père maternel. L’inventaire après décès, dressé généralement par un notaire, énumère, en les prisant, la totalité du patrimoine du défunt, à commencer par ses meubles et objets les plus banals, l’acte étant dressé au domicile, pièce par pièce (d’où des images extrêmement précises des anciens intérieurs). Infirmités Imaginaire Interlude [...]

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