LES BONNEVILLE/ Episode 4 : UNE LONGUE TRADITION COMMERCIALE

Une mutation économique s’amorce. La technique fait place au commerce. Il faut produire, mais surtout, il faut vendre : Charles François, né en 1769 était mulquinier, ses enfants, Charles François né en 1803, et Charles Joseph Aimable Prosper né en 1805 sont négociant, et employé.

La voie est ouverte, cette branche familiale va s’établir à SAINT-QUENTIN pour 2 générations, et exercer des métiers commerciaux.
Nous retrouvons le fils de Charles François Alphrède, le carrossier et de Palmyre TAVEAUX, couturière en linge : Henry voit le jour en février 1856 à SAINT-QUENTIN. Le voici à l’âge de 12 ans : Il est employé de commerce en 1877, et inaugure sans le savoir la tradition des représentants de commerce qui va perdurer pendant 4 générations.
Il épouse Berthe PEROT, couturière en linge de son état. Ensemble, ils auront trois enfants :

  • Prosper Jules Alexandre né en 1878, année de l’Exposition Universelle,
  • Alfred Henri né en 1880,
  • Elisa Berthe née en 1882, au domicile de ses parents situé Petite rue du jeu de battoir (autre nom du jeu de paume).

Tous les enfants seront appelés par leur deuxième prénom.
Voici  les portraits des parents, Henry et Berthe, encadrant leur fils Alfred Henri,en 1895  Et ci-dessous,  une autre photo, prise avant 1915 où l’on voit à gauche : Prosper-Jules, Alfred-Henri et en partant de la droite, Berthe et Henry. Les personnes du centre ne sont pas identifiées.

Henry obtient en 1897, à 41 ans, le 7eme prix de la Société Industrielle de Saint-Quentin et de l’Aisne, ce qui semble témoigner d’une certaine réussite. Cette société fut fondée en 1868.

Il sera négociant en 1909.(voir sur quel acte).
Sa fille, Elisa Berthe, couturière comme sa mère, se marie en 1903 avec Maurice VILLET, originaire de LAON, qui exerce le métier d’agent commercial.

OU L’ON RETROUVE LE FIL DES ORIGINES

Bien que l’on trouve trace de l’annulation du mariage d’Elisa Berthe et de Maurice à Laon en 1908, ils partiront en Algérie en 1912. En 1913, Maurice représente des fabricants français de linge : toile, batistes et limons, Mouchoirs à Bordure, Toile d’Irlande, mais également les Tissage mécanique, Tissage à la main, Linge confectionné, et Broderies. Elisa Berthe travaille avec lui.
En 1936, au décès de son mari, (parce qu’ils se seront remariés en 1935), elle reprendra la direction de ses affaires, (photo des bureaux). Si parfois les actes sont parlants, il s’avère aussi, et c’est le cas, que les actes eux-mêmes contredisent la réalité.

LA RUPTURE DE LA GUERRE

La guerre commence en 1914, avec la mobilisation générale de 760.000 hommes, l’armée passant à environ 2 millions d’hommes. Entre 1914 et 1918, 8 millions d’hommes de 18 à 45 ans sont mobilisés, soit 20% de la population française, créant un énorme problème pour continuer à faire tourner l’économie.

Alfred Henri, le fils cadet, sera mobilisé et sera tué dès le commencement de la guerre, le 1er janvier 1915, à la Harazée, dans le Bois de la Gruerie, à l’âge de 34 ans. Il sera cité à l’ordre du mérite.
Cette guerre porte à la ville de SAINT-QUENTIN un coup terrible. Dès septembre 1914, la ville subit une dure occupation. À partir de 1916, elle se trouve au cœur de la zone de combat, car les Allemands l’ont intégrée dans la ligne Hinderburg.. Après l’évacuation de la population en mars, la ville est systématiquement pillée et tout l’équipement industriel emporté ou détruit. Les combats finissent de la ruiner : 80 % des immeubles (dont la basilique) sont endommagés. Malgré le soutien national, la reconstruction est longue et la ville peine à retrouver le dynamisme antérieur à 1914. Les chiffres de la population sont explicites : le niveau des 55 000 habitants atteint en 1911, n’est retrouvé qu’au milieu des années 1950 (wikipedia).

VERS UN AILLEURS MEILLEUR

La région est sinistrée. Les dégâts économiques à SAINT-QUENTIN sont, comme nous l’avons vu, importants. Henry se retrouve démunit et part avec sa femme Berthe en Algérie rejoindre leur fille Elisa Berthe et son gendre, déjà installés depuis 1912, afin d’y exercer son métier de représentant de commerce.

Leur fils ainé, Prosper Jules, notre arrière-grand-père, qui exerce lui aussi le métier de représentant de commerce, se marie en janvier 1919 à Paris où il se trouvait, à l’âge de 41 ans, avec Blanche Léonie MALLET, lingère, originaire de SAINT-QUENTIN. Il se fera démobiliser à ALGER en 1919 ; sa femme l’y rejoint.

Henry et Berthe auront l’occasion de retourner en voyage en France. Les voici à Chamonix en 1924 ;
Berthe décède l’année de ses cinquante ans de mariage avec Henry.

Les BONNEVILLE sont installés à ALGER. Le métier de représentant de commerce qui a vu le jour avec Henry né en 1858,  se poursuivra encore sur 2 générations. Il aura été exercé pendant plus d’un siècle….

Ainsi s’achève les épisodes des BONNEVILLE.

A bientôt pour suivre les aventures des autres branches familiales.

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Un commentaire sur “LES BONNEVILLE/ Episode 4 : UNE LONGUE TRADITION COMMERCIALE”

  1. Michel dit :

    C’est avec plaisir que nous avons pris connaissance de ce dernier épisode, et une nouvelle fois bravo pour cet admirable travail.