Y AVAIT-IL DES NOSOLOGISTES AUX SIECLES PASSES ?

Connaissez-vous ce métier ? Je vous le laisse découvrir…

Depuis 1968, le centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CepiDc) tient à jour la base de données de tous les morts de France avec leurs causes de décès précises. C’est grâce à l’article de Florent LATRIVE dans Libération du 1er novembre dernier  « Visitez le plus grand cimetière de France et ses 23 279 299 morts » que j’ai eu connaissance de ces faits.

Dans la pratique, ce sont des nosologistes (du grec «nosos» la maladie), qui entrent les informations dans les bases de données. Bien entendu, la confidentialité des personnes est préservée car c’est la partie médicale du certificat de décès qui est traitée et non celle avec le nom, envoyée elle aux services d’état-civil, ce qui permet de garantir la confidentialité des causes de décès.

Cette démarche de codification est assez récente, et pour ma part, sur les actes de décès de mes ascendants et de leurs proches, je n’ai trouvé que rarement  des informations sur les causes de leur décès.

Mais certains prêtres avaient peut-être une vocation de nosologistes… J’en ai peut-être trouvé un, dans le village d’origine d’une branche de mes ascendants paternels, Cabanac-Cazaux en Haute-Garonne. Des mentions figurent sur les actes de décès et dans l’état annuel, notamment sur différentes vagues d’épidémies ont frappé la population :

-          Louise MAYLIN (1765_1840) décédée de la variole à 75 ans

-          Jean MAUBE/Sosa (1768_1840) mort d’épidémie à 72 ans

-          Jean-Pierre LEBRON (1803_1855) 52 ans, choléra

-          Jean-Laurent  LEBRON fils de Jean-Pierre (1850_1855) 55 ans, choléra

-          Guilaume SERVAT-PECTETEAUX (1832_1855) 23 ans, choléra

-          Thomas SERVAT (1815_1858) 43 ans, choléra

-          Marie MAUBE (1798_1859) 60 ans, choléra

-          Dominique LEBRON (1790_1863) gastrite à 73 ans

-          Jean-Pierre SERVAT /Sosa 42 (1810_1869) 58 ans , choléra

-          Jean LEBRON fils de Dominique (1851_1890) 38 ans, épidémie

-          Jean-Marie BON (1819_1898) 79 ans, épidémie

Dans ce même village, j’ai trouvé également mention d’un décès accidentel :

-          Raymond MAYLIN (1860_1892) mort accidentelle à 32 ans

Ainsi que  2 décès par homicide :

-          Jean-Laurent MAUBE (1843_1877) marchand de bijoux parti à La Havane où il mourra d’homicide le 17 juin 1877 à 34 ans. Son homicide est mentionné dans l’acte retranscrit  par le Consulat de France à La Havane, puis traduit à Saint Gaudens le 10 octobre 1885; l’acte mettra donc près de 10 ans à parvenir au village de Cabanac-Cazaux.  Pour en savoir plus sur sa vie , c’est ici

-          Marie-Bertrande LEBRON (1882_1895) 13 ans. Sur le registre de l’Etat Civil, dans la colonne des décès suivants leur nature la case « Meurtre » est cochée. Est-ce la cause réelle de sa mort ou une erreur de l’employé car la colonne suivante est celle des morts accidentelles…. il faudrait avoir accès aux journaux de l’époque).

 

Et vous, avez-vous trouvé dans les actes des mentions sur l’origine des décès ?

 

Les causes de mortalité dans les siècles passés

En France, en 1750, les maladies infectieuses et parasitaires emportaient un enfant sur trois avant l’âge de dix ans. A partir du milieu du XIXe siècle puis au XXe siècle, les effets conjugués des progrès de l’hygiène et des succès remportés contre les infections, grâce aux vaccins et aux antibiotiques, font reculer la mortalité infantile.

Jusqu’à la seconde moitié du XVIIIe siècle, la durée de la vie en France était de 25 ans en moyenne.

En 1850, une élévation sensible de l’espérance de vie, qui atteint 43 ans.

La durée de vie moyenne a plus que triplé en France en deux siècles et demi, passant de 25 ans en 1740 à plus de 80 ans aujourd’hui.

(sources : INED)

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