LES ENFANTS NES HORS DE « LA FAMILLE »

A la lecture des actes de naissance de mes ascendants et de leurs proches, j’ai identifié différentes types d’actes de naissance. Cela m’a donné envie d’en savoir plus sur la situation de ses enfants trouvés, naturels, non reconnus et légitimés et de leur statut juridique, au fil du temps.

L’exemple de Jean Pierre BLOT  » Elève de l’Hospice des Enfants Trouvés de Paris « 

Jean Pierre BLOT (sa branche généalogique est ici)  est « Elève de l’Hospice des Enfants Trouvés de Paris » et  « fils naturel non reconnu de Marie Magdeleine BLOT » comme le mentionne son acte de mariage en date du 25 février 1829.

Historiquement, l’assistance aux enfants abandonnés est une obligation seigneuriale  à laquelle  de nombreux seigneurs tentent de se soustraire. En 1572, un arrêt du Parlement de Paris oblige les seigneurs à pourvoir à l’entretien des enfants trouvés (1).

En 1633, Vincent de Paul fonde l’Ordre des Filles de la Charité pour aider les enfants parisiens trouvés. Il arrive à convaincre des « dames charitables » de financer une institution qui centralisera l’action. En 1638 est alors fondée la Maisons de Couche de Paris qui sera en 1670 rattachée à l’Hôpital Général. Louis XIII le financera pour 4 000 livres, Louis XIV pour 8 000 livres, 120 000 livres lui seront allouées par le roi en 1767 (2).

L’assistance aux enfants trouvés, abandonnés et aux orphelins est assurée sous l’Ancien Régime par plusieurs établissements hospitaliers qui fusionnent en 1838 pour prendre le nom d’hospice des enfants trouvés et orphelins ; puis vers le milieu du XIXe siècle, ils s’appelleront Service des enfants assistés au sein de l’administration de l’Assistance publique (3)

 

L’hospice de Paris reçoit des nourrices de la campagne et des nourrices sédentaires. Celles qui sont à demeure gardent et nourrissent dans la maison les enfans plus faibles, à l’égard desquels on pourrait craindre la fatigue d’un voyage. Dès qu’un de ces enfans est reconnu assez fort pour être transporté sans danger à sa destination, on le retire à sa nourrice et on le remplace par un autre  (4)

L’abandon d’enfant est un phénomène très ancien qui connut un développement important au XVIIIe siècle. En 1787, Necker, estimait à 40 000 le nombre d’enfants trouvés qui survivaient parmi les vingt-six millions d’habitants de la France. On distinguait les « enfants trouvés », exposés dans les lieux publics, recueillis et transportés dans une institution, des « enfants abandonnés » que leurs parents confient à un proche, à une autorité locale, à une institution (5)

L’acte de mariage de Jean Pierre BLOT me permet de prendre connaissance de sa date de naissance : né à Paris le 19 mars 1806. Je consulte donc les Archives de Paris en ligne. Cette période est celle des Archives reconstituées de Paris, les archives datant d’avant 1860 ayant été détruites par un incendie.

Je retrouve trace de sa naissance sous forme de vignette à cette date, mais sans autre information sur ses origines.

Pour en savoir plus, je devrais me rendre aux Archives de Paris car peut-être pourrais-je y trouver la trace de son dossier.

Dans le cas des enfants trouvés, aux XVII et XVIII siècles, le dossier comprend le procès-verbal du commissaire du Châtelet qui relate les circonstances de la découverte  et les premières informations obtenues sur l’enfant – âge présumé, lieu de naissance, le nom de la mère, toutefois rarement s’agissant d’enfant trouvé – et un extrait de registre des baptêmes indiquant le nom donné à l’enfant et parfois le nom des parents, leurs professions et leurs origines.

Sources :

1 & 2. Wikipedia

3. Mairie de Paris

4. revue des Deux Mondes, tome 13, 1846 Alphonse Esquiros Les enfans trouvés

5. Abandon des enfants, symptôme du patriarcat : enfants trouvés, sans père, bâtards illégitimes, nés hors mariage, ou par misère… Le Mouvement Matricien

 

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