L’EVOLUTION DES ACTES DE MARIAGE – 2 -

La première partie était consacré aux actes de 1780 à 1811. Nous l’avons vu, dès 1780 la structure est trés complète. Alors, comment les actes continuent-ils à évoluer ? Qu’apprend-on de plus ? c’est ce que je vous propose de voir ici.

1840 VERS UNE STANDARDISATION ?

Mariage de Jacqueline TRUFFET et de Noël GALLET à  ANNECY le 3 mars 1840 Génération 7

Si vous avez suivi l’évolution des actes, vous devez être étonné de lire :

«  a été célébré mariage suivant les lois de l’Eglise » en 1840 : c’est parce qu’à cette époque, la Haute Savoie, dont ANNECY fait partie est encore et pour 20 ans encore sous domination sarde !
Cette forme d’acte plus normée était-elle la particularité de cette commune ? ceci se généralise-t-il pour la Savoie ? Peut-être est-ce une volonté d’avoir des informations plus standardisées ?

1853 DU CONTRAT DE MARIAGE

Mariage Jean Pierre MAUBE et Marie MAYLIN le 30 janvier 1853 à CABANAC – génération 6

« nous avons interpellé le futur époux et les personnes présentes autorisant le mariage pour qu’elles aient à nous déclarer si les conventions civiles du mariage ont été réglées par contrat et à nous faire connaitre la date de ce contrat ainsi que le nom et le lieu de résidence du notaire qui l’a reçu. Il nous a été déclaré que le présent mariage a été précédé d’un contrat à la date du vingt un avril 1851 par Monsieur Laffont notaire à Encausse »

Les  signatures

« Lesquels après qu’il leur a été fait lecture du présent l’ont signé avec nous non l’épouse ni la mère de l’épouse, ni le père et la mère de l’épouse pour ne savoir de ce requier »
Il est intéressant de se reporter aux informations publiées par la Statistique générale de la France, pour se rendre compte du nombre de personnes qui savent signer :

Dans le département de Haute Garonne, en 1855 sur l’ensemble de la population rurale :

  • nombre total de mariage : 2512
  • nombre de mariage avec contrat : 1394
  • nombre d’hommes mariés qui signent : 1222
  • nombre d’hommes pour ne savoir : 672
  • nombre de femmes qui signent : 511
  • nombre de femmes pour ne savoir : 2001

Soit 20% des femmes et 50% des hommes qui savent signer ! mais que veut dire signer un acte ?

1874 DES PREUVES TOUJOURS DES PREUVES…

Mariage de Philippine GALLET et de Louis ASSON le 6 octobre 1874 à LYON (3ème arrondissement) – génération 5 -

Même si les enfants sont majeurs, les parents doivent donner leur consentement. Mais qu’en est-il s’il y a un empêchement ? Lisez plutôt :
«  Louis ASSON…fils légitime de Fabien ASSON ancien huissier dont on ignore l’existence et le domicile depuis le courant du mois d’octobre mil huit cent soixante douze, ainsi que le constate un acte de notoriété dressé par devant Maitre Raisin et son collègue notaires à Annecy (Haute Savoie) le vingt quatre juin dernier… »
Ouf, heureusement que les notaires existent ! Le père a visiblement quitté le domicile conjugal. Mais un acte de notoriété permet de le constater sans remettre en question le mariage et les droits des enfants, c’est à dire l’héritage.

Si ce mariage avait eu lieu 15 ans plus tôt et qu’ANNECY soit encore sarde, peut-être que cette  absence aurait plus complexe à gérer…

Il en va de même à propos du consentement des parents pour le Mariage François MAUBE & Marguerite SERVAT le 31 mai 1881 à ALGER – génération 5 -

Bien que les futurs époux soient « majeurs et légitimes », le consentement des parents de chacun  est enregistré devant notaire à Encausse (Haute Garonne). Est-ce encore pour une question d’héritage que le consentement des parents est nécessaire ? Quelqu’un peut-il m’éclairer sur ce point ?

« suivant acte en brevet passé le douze décembre dernier déposé en l’Etude de maitre Laffont notaire à Encausse » soit 5 mois avant la date de leur  mariage.

Sur cet acte, est présente aussi pour les témoins, mention de la parenté ou non avec les mariés.

A la fin de l’acte de mariage, la reconnaissance de leur fils né 2 ans plus tôt :

« et aussitôt les dits époux nous ont déclaré vouloir reconnaître légitime par le présent mariage un enfant de sexe masculin né d’eux à Mustapha département d’Alger le premier décembre mil huit cent soixante dix neuf inscrit le lendemain au numéro 399 sous le prénom de François comme tel le père inconnu et de la dite demoiselle Servat. »

1899 IMPASSE A FRESNOY FOLNY

Voici un exemple de belle caligraphie :

Mariage de Alina Zélie Clotilde DUFOUR et de  Victor Louis Isidore BOUCHER le 20 novembre 1899 à FRESNOY-FOLNY (76) – Génération 4 -

Les actes de mariage sont généralement source d’information sur les ascendants sauf sur celui-ci :

« fils du côté paternel des feus François Denis Boucher, et de Marguerite Victorine Dubuisson, et du côté maternels des feus Jean Baptiste Martel et Marie Reine Rosalie Leconte, et pour constater le décès de ses ascendants paternels et maternels le futur époux et les quatre témoins ci après nommés nous affirment sous serment qu’ils ignorent le lieu de leur décès et celui de leur dernier domicile »

Voilà qui peut sembler une impasse mais en examinant les actes des frères et/sœur peut-être trouvera-t-on une piste ? Vivement la mise en ligne des Actes des Archives de Seine Maritime !

Depuis 1792 et jusqu’à 1907 : l’âge de la majorité est de 25 ans pour les hommes et 21 ans pour les femmes.

1907 : OU IL EST QUESTION DE REMARIAGE…

En marge de l’acte de Mariage d’Elise Léonie DELHORBE et d’Alexandre Henry MALLET et le 23 décembre 1907 à SAINT-QUENTIN (02) – génération 5 –  on trouve mention de :

« garçon et divorcée »
A cette époque, les recensements existaient déjà, c’est pourquoi il été fait mention dans la marge, sous les noms des mariés, de leur statut. afin de pouvoir les classer par catégories : fille, garçon, marié, divorcé, veuve, veuf, etc…

Légitimation des enfants

« pour qu’ils jouissent du bienfait de la légitimation autorisée par l’article trois cent trente et un du Code Civil »
En 1855, dans ce département on comptait déjà 223 mariages par lesquels les enfants naturels avaient été légitimés.

A partir de 1907 et jusqu’à 1974, la majorité est de 21 ans pour les hommes et pour les femmes

CONCLUSION

Comme vous l’avez vu, on apprend beaucoup sur nos ascendants et leurs vies en consultant les actes de mariage et les marges des registres sur lesquelles figurent des informations d’importance. Mais  vous avez peut-être des exemples à partager qui vous ont fait avancer dans votre généalogie ?

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